Citoyen d'honneur

ALBERT SCHWEITZER CITOYEN D'HONNEUR DE PFAFFENHOFFEN

schweitzer 






 

 
Naissance : 14 janvier 1875 Kaysersberg, Haut-Rhin, Empire allemand
Décès : 4 septembre, 1965 (à l'âge de 90 ans) Lambaréné, Gabon

Nationalité : Française

Profession : Théologien, Musicien, Philosophe, Médecin alsacien
Distinctions : Prix Nobel de la paix en 1952, Prix Goethe en 1928



Il est né à Kaysersberg (Haut-Rhin) en 1875, peu après l'annexion de l'Alsace par l'Empire allemand. Il passe son enfance à Gunsbach où son père est pasteur et à Pfaffenhoffen, pendant les vacances, où son grand-père (Philippe Chrétien Schweitzer) est instituteur. Il est initié très tôt à la musique et joue de l'orgue paroissial dès l'âge de neuf ans.Il passe ses années d'études secondaires à Mulhouse de 1885 à 1893 et obtient son baccalauréat en 1893 avant de venir à Paris pour étudier la philosophie et la musique. Il poursuit ensuite des études de théologie et de philosophie à l'Université de Strasbourg, qui était à ce moment la Kaiser-Wilhelm-Universität.

Il passe son doctorat en 1899 à Tubingue : La Philosophie religieuse de Kant. Tubingue était alors le fief des théologiens libéraux, les conservateurs préférant Heidelberg. Il devient ensuite pasteur de l'église Saint-Nicolas de Strasbourg, où il bénit le 11 avril 1908, le mariage de Theodor Heuss, futur premier président de la République fédérale d'Allemagne.

Ses idées politiques et religieuses le mettaient en porte-à-faux avec beaucoup de ses collègues : les pasteurs germanophiles, genéralement conservateurs, n'aimaient pas ce libéral, tandis que les pasteurs libéraux, souvent francophiles, n'aimaient pas ce partisan de l'Allemagne. Pour couronner le tout, il épousa Hélène Bresslau, allemande et de famille juive, et dont le père devait être expulsé après 1918. Ce qui n'empêchait pas les deux fiancés de correspondre en français.

A l'âge de 30 ans, répondant à un appel de la Société des missions évangéliques de Paris qui cherche des médecins volontaires, il commence des études de médecine et part au Gabon (en Afrique équatoriale française) afin de se mettre au service des autres. Il fonde à Lambaréné un hôpital de brousse qui le rendra célèbre dans le monde entier.

Il donne des séries de concerts d'orgue afin d'aider au financement de son hôpital. C'est un spécialiste de Jean-Sébastien Bach auquel il a consacré une monographie (1905).

Sa philosophie s'articule autour d'un grand principe : le respect de la vie.

En tant que citoyen allemand, il sera arrêté en 1917 par l'armée française et incarcéré jusqu'en 1918.

Pendant son incarcération, il écrivit Kulturphilosophie (1923), une étude philosophique de la civilisation. Il y aborda la pensée éthique à travers l’histoire et invita ses contemporains à mettre en œuvre une philosophie de respect de la vie.

Schweitzer resta en Europe jusqu'en 1924, puis retourna en Afrique, où il reconstruisit et aménagea son hôpital pour y recevoir des milliers de patients africains, dont trois cents lépreux. Pour donner les conférences et les récitals d’orgue qui lui rapportaient les fonds nécessaires, il retournait fréquemment en Europe. Il est un ami personnel de la reine Elisabeth de Belgique. En 1953, il reçut le prix Nobel de la paix 1952, et c'est alors qu'un grand nombre d'Alsaciens découvrirent subitement qu'ils étaient ses amis. Son œuvre comprend de nombreux ouvrages, parmi lesquels une étude théologique Reich Gottes und Christentum (Le royaume de Dieu et le christianisme) et son autobiographie.

Il fut incarné au cinéma par Pierre Fresnay dans Il est minuit, Docteur Schweitzer (1952), avec Jeanne Moreau dans le rôle de son infirmière Marie. Sa cousine Anne-Marie Schweitzer Sartre fut la mère de Jean-Paul Sartre.

Albert Schweitzer mourut à Lambaréné en 1965.

Jouissant d'une notoriété dans le monde entier (supérieure à celle du Général de Gaulle), son œuvre reste relativement ignorée en France ; il a été accusé de néo-colonialisme et de vouloir maintenir les Africains dans le sous-développement du fait qu'il refusait l'usage massif de pesticides dont il pressentait le danger

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